Les Tronches de Cake
Madgic – « Aux toilettes j’ai mis la
main sur un news de février et j’y ai découvert un article stupéfiant. Stupéfiant, car j’ai pris conscience que moi aussi je peux passer à côté de la beauté sans la remarquer.
»
ARCHIBALD – « La beauté est dans le soupir du roseau, dans le bouillonnement du ruisseau, dans ce nuage ciselé de soleil, dans cet
oiseau qui chante, dans cette fleur qui accueille cette abeille qui butine. Si seulement les hommes pouvaient s’arrêter un instant pour
l’observer. »
Blaireau – « Oui ! Observons une abeille, c’est le seul animal
qui sente bon des pattes. »
Madgic – « Je suis impatient de voir votre réaction à cet article. C’est une histoire vraie qui se
passe un matin froid de janvier dernier à l'entrée d’une station du métro à Washington. Un musicien de rue était là debout qui jouait. Tout
d’abord du Bach, puis l'Ave Maria de Schubert et de nouveau Bach. A cette heure de pointe, quelque mille personnes ont traversé ce couloir, pour la plupart en route pour le boulot. Après
trois minutes, un homme a remarqué qu'un musicien jouait. Il a ralenti son pas, s'est arrêté quelques secondes puis il est reparti. Une minute plus tard, le violoniste a reçu son
premier dollar : sans s'arrêter, une femme a déposé le billet dans sa soucoupe. Quelques instants plus tard, un quidam s'est appuyé sur le mur d'en face pour l'écouter mais
regardant sa montre il a recommencé à marcher. Celui qui a marqué le plus d'attention fut un petit garçon d'environ trois ans. Sa mère l'a tiré, pressée, mais l'enfant s'est
arrêté pour regarder le violoniste. L'enfant agrippé par sa mère a gardé la tête tournée vers le musicien tout en marchant. Durant les trois quarts d'heure de jeu du musicien, seules
sept personnes se sont vraiment arrêtées pour l'écouter un temps. »
Huby – « Peut-être même pas quatre temps. Même cet
air de plusieurs fois cent ans a mis le temps ! »
Madgic – « Belle évocation de Brel sans la valse ! … Il a récolté en tout et pour tout 32 dollars ! Quand il a eu terminé de jouer personne ne l'a remarqué. Personne n'a applaudi. Une seule personne l'a
reconnu. Personne ne se doutait que ce violoniste était Joshua Bell, un des meilleurs musiciens sur terre. Il a joué dans ce hall les partitions les plus difficiles jamais
écrites, avec un Stradivarius de 1713 valant 3,5 millions de dollars ! Deux jours avant de jouer dans le métro, sa prestation au théâtre de Boston était «à guichet fermé» avec des prix
avoisinant les 100 dollars la place. L’événement Joshua Bell, jouant incognito dans une station de métro, a été organisé par le « Washington Post » dans le cadre d'une enquête sur la
perception, les goûts et les priorités d'action des gens.
Les questions étaient :
• dans un environnement commun, à une heure inappropriée, pouvons-nous percevoir la beauté ?
• nous arrêtons-nous pour l'apprécier ?
• pouvons-nous reconnaître le talent dans un contexte inattendu ?
Une des possibles conclusions de cette expérience pourrait être : si nous n'avons pas le temps pour nous arrêter et écouter l'un des meilleurs musiciens au monde jouant quelques-unes
des plus belles partitions jamais composées, à côté de combien d'autres choses exceptionnelles passons-nous ? »
ARCHIBALD – « Remarquable
expérience qui fait prendre conscience sur que vaut le temps, s'il n'en reste plus pour s'émouvoir, s'attendrir, aimer ? »
Magmax – « En plus avec un stradivarius, tu pleures … surtout si tu t’assois dessus. »
Huby – « Ah ! La musique quelle merveilleuse langue des émotions. Chaque note est un son qui pense. »
ARCHIBALD
– « Je suis troublé par l’idée que nous pouvons ne plus voir ou entendre la beauté. En musique nul besoin de comprendre pour écouter ce qui est beau. Ne plus s’émouvoir devant la beauté c’est admettre une vie plate comme les nichons de Birkin. »
Blaireau
– « Tu sais les critères sur la beauté ont beaucoup changé. Regarde dans les années 60 toutes les femmes voulaient ressembler à Bardot. Aujourd’hui plus personne. »
à
la semaine prochaine …
Je ne connais pas ce muscien, mais quand même payez 100 dollars la place, même si la valeur du dollars européen est plus forte, cela me chie à l'oreille..... mais en même temps, il a raison si les plus riches sont assez ... pour payer, au lieu d'attendre qu'il joue gratuitement dans le métro.....
Je ne sais pas si vous avez vu le documentaire " Baraka " de Ron Fricke, prenez le temps de le regarder......
A la next.
Alors, j'ai couru en entendant le bruit de la rame entrante!
Salauds de patrons. Piero
A bientôt.
Deuxième point : sur cet article. C'est la démonstration de l'un des plus grands drames actuels : l'enfermement et l'ignorance. Pour avoir frôlé "à un poil près" le passage dans l'au-delà il y a 10 ans, j'ai décidé, et je continue, de relativiser chaque chose, et de virer tout ce qui n'en vaut pas la peine. Du coup, avec beaucoup plus de place dans la tête et dans le planning quotidien, on dispose de beaucoup plus de temps pour regarder, écouter, et... apprécier ! La directive fondamentale aujourd'hui : se donner du temps ! Personne ne nous en donnera, au contraire !
Ah ! J'oubliais ! Toujours servir tout ça sur une bonne grosse couche d'humour !
Mille fois bravo et continuez à rendre plus belles nos journées !
Un grand merci et beaucoup de bisous à cette gentillesse.
A bientôt pour d'autres bisous.
un point qui n'est pas abordé cependant, les phénomènes de mode, et le mimétisme de groupe!
au théatre tout le monde aime, du coup, personne n'oserait ne pas aimer.
dans le métro tout le monde court, alors personne n'ose ralentir.
je me demande ce qui se serait passé si on avait passer dans le theatre de boston un joueur moyen en l'annoncant comme la nouvelle star d'un pays éloigné!
Avec un sens de la critique et un libre arbitre aussi développé que les biceps d'une mouche, les spectateurs auraient peut etre adorés!!!
moi aussi peut etre....
et toi?
il est temps de musclé nos neurones!
pour ca je propose par exemple de lire ce blog régulièrement
A bientôt.
A bientôt.
Merci pour cet article !
Gros bisous de Ratchounette
Big bisous
sinon pour l'histoire, elle évoque chez moi autre chose que la finalité de l'enquête. les habits ne font pas le moine, et les imbéciles font malhreusement le monde. par imbécile j'entends toute personne existante n'ayant acune reflexion sur l'existence. Cela dit, j'ai toujours aimé être imbécile mais heureux. mais est-ce que les imbéciles sont heureux. ceux qui s'essuient avec les poemes de Victor Hugo, qui mangent sur le monde diplomatique, qui rabaissent les intellos et remarquent les prostituées. voilà tout. desespérément el vôtre.
D'abord j'ai plongé tête baissée : ouah ! Mince alors ! Et puis réfléchissant un peu plus, je me suis posé quelques questions : pourquoi avoir choisi une station de métro ? Le quidam moyen traçant à cet endroit là, pour aller gagner sa maigre pitance à la sueur de son front, est-il le même que celui qui dépense 100 dollars pour se rafraîchir le conduit auditif ? Pourquoi avoir choisi une pièce de musique classique pour représenter le beau ? Pourquoi la beauté est-elle si chère (3,5 millions de dollars le violon, 100 dollars la place de théâtre...) ?
Ce que nous appelons la musique classique est la musique de l'élite : dès le début, c'est dans les salons des riches qu'elle fut jouée. Encore maintenant. Depuis toujours on dit au peuple que cela est beau. Comme les jupes plissées et les mocassins plats. Bien. Mais même si cette musique était jouée dans un endroit « approprié », dans un « contexte attendu », pour disons... 2 dollars, dans une salle du Bronx, ce musicien armé de son instrument extraordinaire ferait-il salle comble ? Je crois que non. Alors finalement je me demande si la question que pose vraiment cet article est bien celle qu'on lit au premier abord. N'y a-t-il pas là une affirmation sournoise qui ne s'énonce pas : les pauvres ne savent pas apprécier la beauté ?
A bientôt.
Pour revenir à ce super billet, il suffit de nous regarder vivre pour comprendre ! Des robots ! Des automates ! Droit devant, surtout ne pas regarder autour de soi ! Vivre avec un téléphone à l'oreille ( pas facile pour écouter les autre sons !), sa petite vie perso, et se dépêcher de vivre pour aller plus vite dans le trou ...! Prendre le temps ? Pfuit !C'est perdre son temps !