L’histoire se passe en 2009 après J-C.
En des temps immémoriaux un village luttait encore et toujours contre les cons.
Les siècles sont passés et 2058 ans plus tard des Tronches de Cake vivent dans une cité au sud de Lutèce. Ils résistent à la bêtise envahissante et la vie n’est
pas facile. Leurs débats réveillent nos neurones et agitent notre conscience,
et s'ils font de la philo de comptoir, c'est qu'en terrasse c'est trop
cher.
à lire attentivement avant
utilisation
L’orage s’éloigne
emportant avec lui son lot d’éclairs menaçants comme un Photomaton hystérique qui s’obstine à photographier sous tous les angles sa cabine vide. Il poursuit sa route en tonnant sa mauvaise humeur
sur la ville surchauffée. Déjà le bleu reparaît effaçant doucement le noir du ciel. L’orage a rajeuni les fleurs, parfumé la terre qui sent bon l’été. Le Balto ouvre à nouveau sa terrasse et tend
ses chaises mouillées aux fesses distraites qui sauront apprécier la fraicheur retrouvée. Hubby arrive le parapluie trempé d’amertume par la douche froide que son banquier vient de lui
imposer.
ARCHIBALD – « On se demandait ce que tu faisais et avec cet orage aussi soudain que violent on s’inquiétait. »
Hubby – « Vous êtes gentils de vous inquiéter pour moi, mais j’avais rendez-vous avec la banque d’un monde qui change pour un prêt en vue d’acheter un appartement. Elle n’a pas voulu conjuguer nos talents et m’a dit non. »
Madgic – « Quand on est banque et populaire à la fois, on est tout et rien même temps. Dommage que ce ne soit pas la banque à qui parler, parce que le monde bouge. C’est cela le pouvoir de dire non ! »
Cake 40 – « Le bon sens près de chez vous prend un coup dans l’aile. Je trouve scandaleux ces banquiers maintenus à flots par l’argent du contribuable qui ne respectent pas leurs engagements. Ils devaient pour soutenir l’économie dispenser 3 à 4% de prêts supplémentaires. En témoignage de leur reconnaissance ils en distribuent 0.4% de moins ce qui ne les empêchent pas de continuer leurs petits arrangements entre amis, certains en provisionnant 1 milliard d’euros pour leurs traders. Une poignée de 150 personnes ! Quelle gifle de mépris ils retournent au bon peuple qui n’avait pas d’autre choix pour limiter la casse que renflouer des individus qui pour soutenir le prix de l’oseille ne savent pas faire pousser des radis ! »
Blaireau – « Non ce n’est pas une gifle, c’est un coup pied dans les bourses. »
ARCHIBALD – « Et moi qui naïvement crois que lorsque la bourse se rétrécit, la conscience s'élargit. »
Magmax – « On appelle ça une érection dans un slip bandalèze. »
Madgic – « Tu parlais des traders pour lesquels des montagnes de fric sont provisionnées pour leurs performances à venir. Quand je vois tous ces mecs qui se promènent en mangeant un Big Mac et en téléphonant, tout en gardant un œil sur la Bourse de leur IPhone, avant qu’il n’explose, ça me paraît être l'image même de la décadence. On n’a donc tiré aucun enseignement de la crise actuelle ? »
Hubby – « Non ! La crise d’aujourd’hui c’est la blague de demain au café. Je suis révoltée du comportement de ces violeurs de rêves qui mettent à bas les ambitions de petits investisseurs comme moi voire plus grave celles d’entrepreneurs qui pourraient créer des emplois. »
ARCHIBALD – « Ce n’est pas leur préoccupation. Ce sont des fossoyeurs d’emplois. Ils ont souvent intérêt à couler des entreprises pour permettre aux amis de les acheter à bon prix et récupérer ainsi d’avantage que le découvert autorisé. Seuls leurs emplois les préoccupent. Devant de telles incompétences qui se sont chiffrées en milliards, combien se sont fait dégager ? Quelles ont été les sanctions prises à l’égard de ces ténors de la finance ? Il n’en faut pas autant pour virer la caissière qui fait une erreur de caisse. Je me mets à leur place ils ont bien raison, pourquoi violer les gens quand on peut les baiser ? »
Madgic – « Pour ce qui me concerne, la Bourse je m'en fous, j'ai choisi la vie. »
Blaireau – « Tu as parfaitement raison. Mieux vaut claquer du fric que d’un infarctus. »
Hubby – « Complètement d’accord avec toi. Le monde ne changera pas et l'économie restera la science principale tant que l'on n'arrivera pas à se nourrir d'amour et d’eau fraiche. Mais d’ailleurs de quoi avons-nous besoin d’autre ? »
Cake 40 – « En attendant si vous croisez un mec ruiné par ces escrocs en col blanc allongé sur une bouche de métro, un carton dans les mains avec écrit dessus « je n’ai plus de logement, j’ai trois enfants, j’ai plus de boulot, j’ai faim », soyez sympa, jouez avec lui. Demandez-lui « c’est en combien de lettres ? »
à la next
NOTA : voilà encore occasion de recommander ce blog à vos amis.