L’histoire se passe en 2009 après J-C.
En des temps immémoriaux un village luttait encore et toujours contre les cons.
Les siècles sont passés et 2058 ans plus tard des Tronches de Cake vivent dans une cité au sud de Lutèce. Ils résistent à la bêtise envahissante et la vie n’est
pas facile. Leurs débats réveillent nos neurones et agitent notre conscience,
et s'ils font de la philo de comptoir, c'est qu'en terrasse c'est trop
cher.
à lire attentivement avant
utilisation
Madgic – « Aux toilettes j’ai mis la
main sur un news de février et j’y ai découvert un article stupéfiant. Stupéfiant, car j’ai pris conscience que moi aussi je peux passer à côté de la beauté sans la remarquer.
»
ARCHIBALD – « La beauté est dans le soupir du roseau, dans le bouillonnement du ruisseau, dans ce nuage ciselé de soleil, dans cet
oiseau qui chante, dans cette fleur qui accueille cette abeille qui butine. Si seulement les hommes pouvaient s’arrêter un instant pour
l’observer. »
Blaireau – « Oui ! Observons une abeille, c’est le seul animal
qui sente bon des pattes. »
Madgic – « Je suis impatient de voir votre réaction à cet article. C’est une histoire vraie qui se
passe un matin froid de janvier dernier à l'entrée d’une station du métro à Washington. Un musicien de rue était là debout qui jouait. Tout
d’abord du Bach, puis l'Ave Maria de Schubert et de nouveau Bach. A cette heure de pointe, quelque mille personnes ont traversé ce couloir, pour la plupart en route pour le boulot. Après
trois minutes, un homme a remarqué qu'un musicien jouait. Il a ralenti son pas, s'est arrêté quelques secondes puis il est reparti. Une minute plus tard, le violoniste a reçu son
premier dollar : sans s'arrêter, une femme a déposé le billet dans sa soucoupe. Quelques instants plus tard, un quidam s'est appuyé sur le mur d'en face pour l'écouter mais
regardant sa montre il a recommencé à marcher. Celui qui a marqué le plus d'attention fut un petit garçon d'environ trois ans. Sa mère l'a tiré, pressée, mais l'enfant s'est
arrêté pour regarder le violoniste. L'enfant agrippé par sa mère a gardé la tête tournée vers le musicien tout en marchant. Durant les trois quarts d'heure de jeu du musicien, seules
sept personnes se sont vraiment arrêtées pour l'écouter un temps. »
Huby – « Peut-être même pas quatre temps. Même cet
air de plusieurs fois cent ans a mis le temps ! »
Madgic – « Belle évocation de Brel sans la valse ! … Il a récolté en tout et pour tout 32 dollars ! Quand il a eu terminé de jouer personne ne l'a remarqué. Personne n'a applaudi. Une seule personne l'a
reconnu. Personne ne se doutait que ce violoniste était Joshua Bell, un des meilleurs musiciens sur terre. Il a joué dans ce hall les partitions les plus difficiles jamais
écrites, avec un Stradivarius de 1713 valant 3,5 millions de dollars ! Deux jours avant de jouer dans le métro, sa prestation au théâtre de Boston était «à guichet fermé» avec des prix
avoisinant les 100 dollars la place. L’événement Joshua Bell, jouant incognito dans une station de métro, a été organisé par le « Washington Post » dans le cadre d'une enquête sur la
perception, les goûts et les priorités d'action des gens.
Les questions étaient :
• dans un environnement commun, à une heure inappropriée, pouvons-nous percevoir la beauté ?
• nous arrêtons-nous pour l'apprécier ?
• pouvons-nous reconnaître le talent dans un contexte inattendu ?
Une des possibles conclusions de cette expérience pourrait être : si nous n'avons pas le temps pour nous arrêter et écouter l'un des meilleurs musiciens au monde jouant quelques-unes
des plus belles partitions jamais composées, à côté de combien d'autres choses exceptionnelles passons-nous ? »
ARCHIBALD – « Remarquable
expérience qui fait prendre conscience sur que vaut le temps, s'il n'en reste plus pour s'émouvoir, s'attendrir, aimer ? »
Magmax – « En plus avec un stradivarius, tu pleures … surtout si tu t’assois dessus. »
Huby – « Ah ! La musique quelle merveilleuse langue des émotions. Chaque note est un son qui pense. »
ARCHIBALD
– « Je suis troublé par l’idée que nous pouvons ne plus voir ou entendre la beauté. En musique nul besoin de comprendre pour écouter ce qui est beau. Ne plus s’émouvoir devant la beauté c’est admettre une vie plate comme les nichons de Birkin. »
Blaireau
– « Tu sais les critères sur la beauté ont beaucoup changé. Regarde dans les années 60 toutes les femmes voulaient ressembler à Bardot. Aujourd’hui plus personne. »
à
la semaine prochaine …